undefined

Les jeux entre congénères sont primordiaux pour la communication car ils mettent votre chiot dans des situations où parfois malmené, parfois agressé, il apprendra toute une série d’échanges de signaux, et comprendra mieux ce qui se passe dans le groupe.

La posture de soumission

C’est la position que votre chiot adopte devant un congénère plus fort, ou un humain très en colère : il bascule sur le côté ou sur le dos, émettant souvent un petit jet d’urine. Cela veut dire : « tu es le plus fort, je suis tout petit, ne me fais pas de mal ». C’est celle que sa mère lui a apprise, dès ses premiers jours, pour l’aider à évacuer ses déjections en léchant sa zone périnéale. Cette attitude infantile (basculer sur le dos) est un signal d’apaisement, il l’utilisera ensuite, adulte, devant un adversaire dominant. Il peut également se laisser chevaucher par l’adversaire (acceptation sexuelle).

Il faut savoir que longtemps avant leur puberté (atteinte entre 6 et 8 mois), les chiots s’adonnent à cette activité beaucoup plus sociale que sexuelle. Dès qu’ils savent se tenir sur leurs pattes, ils se chevauchent, pour tester leurs capacités physiques, leur influence personnelle. Dans ce contexte, la monte est une manière d’exprimer la domination, avant tout. Le chiot fait montre dans ce jeu de son autorité, de son caractère, envers ses frères et sœurs. Il conservera cet ascendant une fois adulte. C’est donc un signe de dominance, pas de sexualité.

D’ailleurs, dans un groupe, ce geste de chevauchement, parfois remplacé par la tête posée sur l’épaule, ou une patte sur le dos de l’autre peut s’adresser aussi bien de mâle à mâle, de mâle à femelle, de femelle à femelle. Ce n’est pas une pulsion sexuelle, ça veut dire « c’est moi le Chef ! »

Par extension, on peut penser que le chien adulte qui chevauche la jambe ou le bras de son maître veut lui montrer son ascendant, son autorité sur lui, et non « se soulager » sexuellement. Ces comportements primitifs deviennent donc des éléments très importants dans la communication chez le chien adulte.

L'importance de la phase de socialisation

C’est au cours de la phase de socialisation (jusqu’à 12 semaines) que se met en place par le jeu, progressivement, un système de communication.

En fait, on a déterminé quatre sortes de communication :


La voie olfactive : c’est une communication chimique se faisant par l’intermédiaire des phéromones, qui ne font l’objet d’aucun apprentissage, c’est inné (avant l’ouverture des yeux le chiot identifie sa mère par exemple) ; des odeurs sociales qui, elles, font appel aux expériences précoces du petit chiot, elles sont acquises au fur-et-à-mesure ;
Le canal visuel : c’est par lui que vont passer tous les signaux des postures et des mimiques, il est essentiel car ces signaux sont des codes d’association de gestes, de postures d’une grande précision et très complexes.
Quelles postures ? Par exemple, au moment du sevrage, le petit chiot mordille les babines de sa mère pour qu’elle régurgite un peu de nourriture. C’est ensuite un signal d’apaisemenent.
• Quand il se retourne sur le dos, c’est aussi un signe d’apaisement.
• De même que l’appel au jeu (révérence-invitation), les mouvements de patte qu’il agite près de son museau. Ces éléments moteurs forment une base pour établir des signaux d’apaisement et éviter les agressions.
• Le canal acoustique : c’est la communication par vocalises, le chien répond ou lance des appels, des hurlements, des gémissements, il aboie pour prévenir.
• La communication tactile, le chien touche tout avec les pattes, le museau.

Les signaux sexuels interviennent eux aussi dans la communication sociale comme signal d’apaisement et de soumission : l’acceptation du chevauchement en particulier, reproduisant les réactions de la chienne au moment de son ovulation, est un des éléments permettant d’apaiser les dominants et d’éviter de cette façon les agressions.
Le chiot va vite s’apercevoir que dès qu’il se met sur le dos en lâchant quelques gouttes d’urine, il désamorce toute agression en cours.

Quand un jeune chien est menacé par un adulte, il se met souvent flanc contre flanc avec lui, tend son museau et lui mordille les babines, comme pour une demande de régurgitation : oreilles en arrière, petits cris, mordillements de plus en plus fort tant que l’adulte grogne. Dès qu’il se calme le chiot s’aplatit. C’est un rituel d’apaisement qui se met en place, il évitera l’agression du petit chiot.