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L’homme et le chien ne font pas partie de la même espèce et pourtant, c’est ce que le chiot devrait croire ! Konrad Lorenz a découvert et démontré, avec les oies sauvages, l’imprinting : l’oison prend pour sa mère la première chose vivante qu’il voit en sortant de sa coquille, il se persuade qu’il est fait à l’image de ce qu’il voit et n’a aucun moyen de changer d’avis en grandissant. Il ne peut que se baser sur sa vue, mais il ne se voit pas, c’est irréversible.

Le chien, lui, s’oriente au flair, c’est différent, il est en mesure de capter sa propre odeur. Par l’imprinting, les chiots peuvent être convaincus d’appartenir à la même espèce que l’homme. Si un humain se place au milieu de la portée, se laisse flairer, les caresse et joue avec eux, il déclenchera l’imprinting. Ceci dans la période allant de 3 à 8 semaines car à la naissance, le chiot est aveugle et sourd et n’a de rapports qu’avec sa mère.

Cependant, même marqués par l’homme, les chiots reconnaissent tout de suite un chien comme membre de leur espèce à leur première rencontre, après la fin de la période naturelle d’imprinting. Les chiots ne l’ayant pas fait à la bonne période ne pourront le faire plus tard, l’homme n’aura pas la bonne odeur et ne pourra être reconnu à l’odorat comme un semblable. Il le verra donc comme un étranger à craindre, ignorer ou agresser, jamais ami ou collaborateur.

C’est un processus assez complexe car pas tout à fait naturel. Si les chiots ont été en contact avec une seule personne, ils se focaliseront sur ce seul individu. Ils n’auront pas peur de l’homme, mais n’auront comme ami que celui qui les aura touchés dans leur prime enfance.

Résultat : si un autre homme essaie de les caresser, ils n’auront pas peur et ne se sauveront pas, mais ils pourraient mordre pour montrer qu’ils n’ont pas envie d’être touchés.

La peur

Qu’est-ce que la peur pour un chien domestique ? En fait la peur, pour nous comme pour le chien, c’est l’expression extrême du stress, le moment donné où « on n’aime pas » une situation. Et pour le chien, une situation est agréable, ou désagréable, avec une graduation dans l’intensité. Tout évènement passé douloureux provoque la peur qui se renouvelle. Il faut rendre neutre ce qui a éveillé des sentiments trop forts, désensibiliser en somme, pour ne plus se laisser envahir à chaque fois.

C’est qu’il a de la mémoire, votre chien ! Par exemple, il sait en vous voyant prendre sa brosse qu’il va être toiletté, il aime ça ou bien le craint et se cache. Si vous sortez sa laisse il sait qu’il va se promener et il danse de joie. Mais si tout est rangé au même endroit, il doit attendre pour se sentir content ou paniqué. C’est une forte tension pour lui.

Quand votre chien trouve une situation insupportable il va tenter de la fuir, pour l’éviter. S’il ne peut l’esquiver il se retrouve coincé. Comment s’en sortir ? Selon son passé il peut se sentir agressé et un chien agressé c’est un chien qui peut mordre.
De plus, le chien supporte mal l’incertitude qui l’inquiète et le stress. Il vous faut savoir reconnaître les signes de malaise avant de le forcer dans ses retranchements.

Si votre chien mord sans signe avant-coureur, c’est certainement sous le coup de la douleur. Vous lui avez fait mal en le prenant, en le soignant, le toilettant, le dérangeant dans son panier, endroit sacré pour lui. Il a peut-être des problèmes d’articulation, d’arthrose. Ou alors il a déjà prévenu bien avant, mais vous n’avez pas reconnu les signes.

Par contre, si votre chien grogne sans raison vous devez consulter un professionnel du comportement canin. Il vous verra ensemble et déterminera avec vous ce qu’il faut rectifier. N’acceptez pas l’escalade, car du grognement on passe à la morsure, voire à DES morsures et ensuite, par incompréhension et peur, on finit par se séparer de son chien, par l’abandonner, voire le faire euthanasier.

On ne parle ici que pour les shih-tzu, petites races de compagnie de taille et de poids réduits. Il est évident que les grandes races de chiens, selon leurs aptitudes innées de chasse, gardiens, travail, gardiens de troupeaux etc. ne réagissent pas de la même façon face au stress et à la peur.

Mais de toute façon, il n’y a pas de races gentilles ou méchantes, seulement des caractères de chiens différents auxquels nous devons nous adapter.