Quoi que vous fassiez, le chiot sera sans doute affolé par la séparation brutale que vous lui imposez en le retirant de son milieu familial, par le retour chez vous en voiture (ou n'importe quel autre moyen de locomotion) et par ce monde nouveau et effrayant que constituent votre maison, votre famille et vos autres animaux éventuels.

Il faut le comprendre et ne pas se formaliser d'une réaction distante. Quoi de plus absurde que de voir de nouveaux propriétaires venir acheter le chiot en délégation — famille et amis - et s'arracher le pauvre malheureux pour lui manifester des démonstrations de tendresse aussi bruyantes qu'exubérantes ! Placé dans cette situation, le chiot ne fera pas la différence entre ces démonstrations affectueuses et des gestes d'agressivité à son égard.

S'il mord un des membres de la famille pour se défendre, tous s'écrieront : « Ah, la sale bête ! » Mieux vaut donc vous rendre seul ou en comité réduit chez le vendeur.

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Le retour en voiture

Si vous rentrez chez vous en voiture, placez le chiot sur une vieille couverture, celui-ci risquant fort de « s'oublier » durant le trajet. Inutile de dire qu'en pareil cas il vous faudra regarder ailleurs et faire comme si de rien n'était ! Un tel « accident » se produira en revanche certainement quelques instants après son arrivée chez vous.

En quittant la voiture, le chien se décontractera un peu et ne tardera pas à se vider. Laissez-le donc se promener quelques instants à l'extérieur avant de rentrer chez vous... Comme nous le verrons, on ne peut espérer de miracles et l'apprentissage de la « propreté » est progressif. Si vous craignez que de tels accidents surviennent sur vos tapis ou vos moquettes, la seule solution est d'interdire l'accès de ces pièces au nouvel arrivant.

La période de quarantaine

Certains éleveurs préconisent une période de quarantaine, d'une semaine environ, durant laquelle le chiot vit exclusivement dans une seule pièce de la maison, en l'occurrence la cuisine. Cette méthode permet de limiter les dégâts au maximum. Rien d'irrémédiable si le chiot s'oublie sur le carrelage ou déchiquette une serpillière. Le chiot a vite fait de connaître les moindres recoins de la pièce, et il s'y sent rapidement en sécurité. Il fera connaissance avec les différents membres de la famille à partir de ce refuge. Cette méthode présente en outre l'avantage d'habituer le chiot à la solitude, ce qui peut plus tard lui permettre de rester seul à la maison pendant vos absences, sans trop de tristesse.

S'il est aujourd'hui devenu principalement un chien de compagnie, le Shih Tzu n'est cependant pas un chien d'appartement. Fouineur et remuant, il ne sera jamais heureux s'il vit isolé, loin de son maître. Peut-être est-il dès lors possible d'imaginer une autre façon de commencer votre vie commune. Faire de la cuisine le territoire de votre Shih Tzu y installer quelques journaux, dans un coin, sur lesquels vous déposerez votre compagnon s'il demande les toilettes. Dès son arrivée, vous pourrez de plus lui proposer à cet endroit une écuelle d'eau fraîche. Ensuite, laissez-le…

Il ne s'agit pas de s'en désintéresser et de lui faire croire que personne ne l'aime, mais de lui laisser découvrir tout seul son nouveau cadre de vie. Au bout de quelques instants, vous ne verrez sans doute plus trottiner votre Basset. Cherchez-le, il vient probablement de se trouver un coin-refuge qui lui rappelle, par quelque détail infime, le chenil qu'il vient de quitter : présence d'un radiateur, texture ou couleur du sol ou d'un mur, etc.

Sans gestes brusques et en le rassurant par un flot de paroles douces dans lequel revient souvent son nom — qu'il apprendra bientôt à reconnaître placez-le à cet endroit sur une vieille couverture pliée. Le chien s'y sentira en sécurité et pourra lancer des excursions à travers votre maison depuis ce coin-refuge confortable et sécurisant.

Reste le problème de la première nuit... Certains enferment le chien dans la cuisine et restent sourds à ses gémissements, d'autres « craquent » et laissent dormir le toutou sur leur lit. Mieux vaut sans doute laisser les portes ouvertes. Au début de la nuit, laissez votre chiot dans son coin-refuge, en prenant la précaution de l'entourer d'une véritable prairie de journaux.

Au cours de la nuit, le chiot se lancera certainement à la découverte de votre maison et peut-être aurez-vous la surprise, le matin au réveil, de découvrir au bout de votre lit une petite forme déjà confiante et déjà frétillante sous les caresses...